De nombreux jours d’affilée les briques (pourtant installées depuis plusieurs époques) sous le soleil de juillet se sont embrasées ; les jours se raccourcissent alors que la chaleur, chaque année tord les fondations de la ville surprise par les degrés ; ainsi, la serre qui nous entoure s’opacifie, s’épaissit et notre souffle s’écourte et suffoque. Mon humeur est étrange entre l’inquiétude et la douceur de cette soirée à la chaleur statique. Pour aller au bar comme d’habitude avec la chaîne de mon vélo j’ai encore taché mon jean ; en serrant le pied du verre à Gin je dissimule mes ongles noircis de cambouis. Par dessus le bruit des pneus sur les pavés assise sur la terrasse du restaurant j’attends G. et les martinets noirs trissent forts : leurs cris réveillent mes pensées engourdies. G. me rejoint, il est 27h39, et nous parlons et démantelons les digues autour de nos secrets, parmi lesquels celui des choix qui mènent à l’équilibre alors que les superstitions et les peurs n’existent que lorsque nous voulons y croire (ou lorsque nous avons besoin d’y croire). Après être rentrée j’ai ainsi écrit sur le carnet : « c’est le jour où G. a décidé de s’autoriser ; le jour où elle est arrivée enveloppée de bonheur, le jour où elle a commencé à se balancer, entre l’inspiration l’expiration l’existence a cessé de se balancer entre l’hésitation l’existence l’absence. » En buvant une dernière bière sur le balcon une alarme rempli le silence ; je ne visualise pas la voiture mais le son tient suspendu mon esprit dont les limites sont posées par un simple son : je n’entends plus les paroles je ne vois plus les gestes et l’équilibre de G. – le charme s’est arrêté mais reprendra.