La foule en soi

oublie un peu le reste et
laisse ton souffle scintiller dans le froid

		dehors calme
		où la brume en face
		avale tes paroles 
		brouillard opale
		sur le lac

j’imagine que 
tout s’agite en toi aujourd’hui comme les autres jours
je n’ai jamais entendu mais
je connais les voix qui t’habitent

ensemble 
elles font chœur elles font mur
je cherche les failles pour y glisser
des rêves
tandis que tu te lèves et t’éloignes
dans un sillon de chaleur 

sous tes pas
le frimas 
se redresse et disparaît

je frémis
entre les strates qui t’entourent
je cherche les failles pour y glisser
une trêve 

ainsi 
tu te penches et saisis un galet
pour le lancer aussi loin que tu puisses voir
à l’écho de l’impact suspendu
tu as attendu de constater les ondes
pour y déposer une larme
	entaille 
	amortie
	par le galbe de ta joue.